Le bénévolat : un levier de sens et d’épanouissement dans un monde en quête de solidarité

La pandémie de Covid-19 a interrogé notre rapport au travail et amplifié la quête de sens individuelle. Ce questionnement, croissant chez de nombreux collaborateurs, est pris en compte par les entreprises, soucieuses du bien-être au travail. Pourtant, malgré cet élan humain et humaniste, le bénévolat associatif est en repli depuis 2010[1].

En France, le bénévolat occupe une place centrale dans la vie associative et constitue un pilier fondamental de la solidarité et du tissu social, avec 12,5 millions de bénévoles[2], dont 5,5 millions actifs chaque semaine. Au-delà de la pratique altruiste et désintéressé, le bénévolat représente un véritable terrain d’apprentissage, de développement personnel et de formation informelle, qui bénéficie à chacun, à titre individuel, et à la société dans son ensemble. La Journée Mondiale du bénévolat et du volontariat, le 5 décembre, est l’occasion de reconnaître et de célébrer l’engagement de ceux qui œuvrent tous les jours, pour le bien de tous, partout en France et dans le monde.

Un vecteur de développement personnel

Le bénévolat offre une opportunité unique de se découvrir. C’est aussi un moyen d’explorer, en s’engageant, des domaines d’activités peut être inaccessibles dans sa vie professionnelle. C’est l’occasion de mettre ses compétences – personnelles ou acquises dans le monde professionnel – au profit d’une association, d’une ONG, d’un projet collectif, etc. L’expérience bénévole permet aussi d’éprouver des compétences générales, allant de la gestion de projet, la prise de décision, la communication interpersonnelle, le leadership ou bien encore la gestion du temps, mais aussi des compétences plus spécifiques propres aux secteurs d’activités dans lequel la mission est effectuée : l’éducation et la formation, la défense de cause, la culture, le sport, le social/caritatif/humanitaire, etc.

De l’avis général, au-delà de l’enrichissement des compétences, l’engagement bénévole favorise une meilleure connaissance de soi. Il pousse l’individu à sortir de sa zone de confort, à s’affirmer, à prendre des responsabilités, à travailler en équipe et à s’adapter à des contextes divers, sans la pression liée à l’entreprise. Il peut ainsi aider à dépasser des freins intimes et surmonter des difficultés personnelles, à renforcer la confiance en soi, à se sentir utile et à répondre à une quête de sens.

Souvent moins hiérarchisées que les entreprises, les associations offrent en effet un cadre propice à l’expression de la créativité, à une prise de parole libérée et à l’initiative personnelle.  Soustrait à sa zone de confort, confronté à de nouveaux univers ayant du sens, le bénévole est ainsi encouragé dans sa prise de responsabilité, poussé au travail en équipe et incité à faire preuve de souplesse et d’adaptabilité. Ce cadre devient ainsi pour le bénévole une école de la diversité, où chaque expérience humaine enrichit celui qui s’y consacre, tout en contribuant à un projet commun.

Autant de clés au sein du trousseau qui ouvre les portes de l’épanouissement personnel et de la quête de sens.

Un tremplin pour l’épanouissement professionnel

Les DRH, les managers ou les recruteurs le savent : si le bénévolat est avant tout un acte altruiste, il ne faut pas sous-estimer son impact sur le parcours professionnel du bénévole. C’est un moyen de se démarquer dans un marché du travail de plus en plus compétitif. En valorisant un engagement associatif, le bénévole témoigne de sa capacité à s’investir, à travailler en équipe et à prendre des responsabilités dans des contextes variés. Autant de compétences qui peuvent être importées dans le cadre professionnel, qu’il s’agisse du management d’équipe, de la gestion du stress, de la communication interculturelle, etc. Toutes viennent enrichir l’expérience du collaborateur – autant que l’entreprise – et constituent de plus en plus un atout déterminant au cours d’une carrière professionnelle.

Les entreprises l’ont compris et encouragent les initiatives individuelles, notamment à travers des dispositifs tels que le mécénat de compétences. Ce modèle, qui permet aux collaborateurs de mettre leurs compétences professionnelles au service de causes sociales tout en étant soutenus par l’employeur, crée une dynamique positive individuelle et collective. En effet, les salariés enrichissent leur expérience, renforcent leur employabilité et leur sentiment d’accomplissement. Ils renforcent également leur fierté d’appartenance à une entreprise qui a su développer une culture d’entreprise citoyenne et contribuer à la création de liens sociaux forts.

Un engagement soutenu par des initiatives législatives et institutionnelles

Mais si 38% des Français reconnaissent donner du temps, la proportion de bénévoles engagés dans une association est en repli depuis 2010.

Un constat qui a poussé le Gouvernement à mener une consultation nationale auprès des associations en 2023, et abouti, le 15 avril 2024, au vote de la loi n°2024-344 pour soutenir l’engagement bénévole. Son texte prévoit notamment d’ouvrir les droits de formation inscrits sur le compte personnel de formation (CPF) dans le cadre du compte d’engagement citoyen (CEC) aux bénévoles œuvrant dans des associations déclarées depuis au moins un an (contre trois ans précédemment) et de permettre aux associations éligibles au CEC d’abonder le CPF de leurs bénévoles au travers de leur CEC. Il tend aussi à faciliter l’implication des actifs du secteur privé en ouvrant le mécénat de compétences aux entreprises de moins de 5 000 salariés.

Des mesures fortes d’encouragement et de reconnaissance qui, je l’espère, permettront de dynamiser l’engagement bénévole !

« Il ne peut y avoir de plus grand don que celui de donner son temps et son énergie pour aider les autres sans rien attendre en retour » a dit Nelson Mandela. Quiconque s’est déjà investi bénévolement sait que son geste dépasse le simple acte de générosité. Il répond à une volonté de se tourner vers l’autre, à un besoin intime d’agir pour être utile et donner du sens, à une volonté personnelle de servir une cause qui nous touche. Cet engagement représente un moteur d’épanouissement et d’affirmation. Il aide chacun à se construire, à prendre sa place, à contribuer à une société plus solidaire et plus juste. Et c’est aussi le rôle de l’entreprise que d’aider chacun de ses collaborateurs à se réaliser et à trouver du sens tout en contribuant au bien-être collectif.

Par Caroline Pierron

[1] https://www.francebenevolat.org/sites/default/files/actualites/NOTE_COMPLETE_FranceBenevolat-IFOP-2022_DEF1705.pdf

[2] https://www.associations.gouv.fr/IMG/pdf/la-france-benevole-2024-27-mai.pdf