Le 28 février 2026, la troisième guerre du Golfe a éclaté, redessinant brutalement la carte des menaces mondiales. Déclenchée par une opération conjointe américano-israélienne ciblée sur l’Iran, cette guerre a entraîné une riposte massive de Téhéran via l’opération « Promesse honnête 4 », frappant de multiples bases américaines et s’exportant jusqu’à la base britannique d’Akrotiri, sur l’île de Chypre. La fermeture de facto du détroit d’Ormuz a immédiatement pris l’économie mondiale en otage.
Ce scénario catastrophe valide de façon glaçante le Global Risks Report 2026 du Forum Économique Mondial (WEF), qui prévenait que le monde se trouvait t « au bord du précipice », plaçant la confrontation géoéconomique et les conflits armés interétatiques au sommet des menaces mondiales immédiates pour 2026. Le monde s’embrase, alors où se trouvent les ultimes refuges ? S’il y en a…
La boussole du World Economic Forum : comment lire ces prévisions ?
Avant d’explorer les potentielles terres de refuge, il est indispensable de comprendre la mécanique de l’analyse du World Economic Forum (WEF). Notons au préalable que les divers experts interrogés pour ce rapport dressent des constats différents et que le rapport s’appuie sur deux outils méthodologiques distincts.
D’un côté, le Global Risks Perception Survey (GRPS) capte la vision macroscopique en sondant plus de 1 300 leaders et experts mondiaux issus du monde universitaire, des affaires, des gouvernements et de la société civile. Cet outil évalue les risques globaux à court (2 ans) et long terme (10 ans). De l’autre, l’Executive Opinion Survey (EOS) offre une photographie purement locale : il interroge plus de 11 000 dirigeants d’entreprise dans 116 économies pour identifier les cinq menaces les plus critiques pour leur propre pays à court terme. C’est ce grand écart méthodologique qui dessine des havres de paix radicalement différents.
Le refuge selon les dirigeants : s’exiler loin des sanctions et des missiles
Pour les grands patrons sondés via l’EOS, un pays refuge est avant tout une nation diplomatiquement à l’écart des guerres par procuration et de la militarisation de l’économie. L’analyse des données locales révèle que des pays géographiquement éloignés des tensions actuelles font figure de parfaits sanctuaires.
En Nouvelle-Zélande, par exemple, la guerre et les sanctions n’effleurent pas le radar des dirigeants interrogés : leurs préoccupations majeures se limitent au ralentissement économique, au manque d’opportunités ou au déclin de la santé. Le constat est similaire en Uruguay, où les risques de conflit interétatique sont totalement évincés par des enjeux liés au marché du travail et à l’économie. Loin des tirs de missiles balistiques au Moyen-Orient, ces États s’imposent comme des bases arrière privilégiées pour protéger son capital et son intégrité physique.
Le refuge selon la société civile : l’impossible rempart social
Échapper aux bombes ne suffit pourtant pas à garantir la paix intérieure. Pour les représentants de la société civile interrogés dans le sondage GRPS, la mésinformation et la désinformation figurent au tout premier rang des périls mondiaux à court terme.
Sous ce prisme, un véritable refuge doit offrir un filet de sécurité institutionnel étanche face aux manipulations numériques et à la fragmentation sociale. Or, même l’Uruguay, pourtant épargné par les conflits armés, classe la polarisation sociétale à la cinquième place de ses risques nationaux majeurs. Pour la société civile, un État rongé de l’intérieur par la méfiance et la division ne peut constituer un refuge viable.
Le refuge selon la jeunesse : l’illusion d’optique face au climat
Enfin, si le choc de la guerre interétatique polarise l’attention immédiate, les experts de moins de 30 ans regardent la situation sous un angle différent. Pour cette génération, la désinformation est le risque numéro un à court terme, immédiatement suivi par les événements météorologiques extrêmes. À l’horizon de 10 ans, le climat écrase l’ensemble du classement pour tous les experts sondés.
Le changement climatique se moquant des frontières étatiques, une nation réussissant le tour de force d’esquiver une guerre mondiale restera dramatiquement exposée à l’effondrement de ses propres infrastructures, qu’il s’agisse de la fonte des routes sous des chaleurs extrêmes ou de méga-inondations.
La guerre déclenchée au premier trimestre 2026 rappelle cruellement que les menaces sont profondes et interconnectées, créant des effets domino à travers tous les systèmes mondiaux. Si des nations lointaines comme la Nouvelle-Zélande ou l’Uruguay offrent un abri militaire incontestable face aux conflits actuels, l’analyse du rapport 2026 du WEF démontre qu’entre la guerre de l’information numérique et l’urgence climatique, l’idée d’un sanctuaire absolu est définitivement morte.
Par Nisrine Tabka









